Vas, vis et deviens

7 05 2008

Pour l’avoir vu une deuxième fois hier, je me devais de faire une critique de Vas, vis et deviens (film de Radu Mihaileanu, co-scénarisé par Alain-Michel Blanc).

Synopsis : (Par le site Allociné)

Affiche du filmEn 1984, des milliers d’Africains de 26 pays frappés par la famine se retrouvent dans des camps au Soudan. A l’initiative d’Israël et des Etats-Unis, une vaste action est menée pour emmener des milliers de Juifs éthiopiens vers Israël.
Une mère chrétienne pousse son fils de neuf ans à se déclarer juif pour le sauver de la famine et de la mort. L’enfant arrive en Terre Sainte. Déclaré orphelin, il est adopté par une famille française sépharade vivant à Tel-Aviv. Il grandit avec la peur que l’on découvre son double-secret et mensonge : ni juif, ni orphelin, seulement noir. Il découvrira l’amour, la culture occidentale, la judaïté mais également le racisme et la guerre dans les territoires occupés.

Ma critique :

Pour une fois qu’un film israélien aborde des sujets de société comme l’immigration et la différence dans un Etat assimilationiste avec l’ambiguité des personnages et une quête identitaire, on pouvait s’attendre qu’il aie tout le succès escompté. Il aura fallu attendre trois ans pour le voir à la télévision pour que ça ne boulverse les spectateurs. Oui, Vas, vis et deviens est un film boulversant, basé sur le pathos et les bons sentiments comme une critique sociale peut l’être. Néanmoins, j’aurai trois reproches à lui faire. D’une part, si le film est long (180 minutes), il n’aborde que trop peu le racisme ordinaire pour se figer sur le mensonge du personnage et sa quête identitaire en découlant. D’autre part, comme tous les films israéliens, il y a des longueurs, des silences, des gros plans qui - s’ils suscitent l’émotion - ennuient profondément le spectateur. Finalement, les dialogues sont parfois pauvres, voir inexistants, ce qu’il place l’essentiel de l’action dans l’introspection. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi pour un roman mais on s’attend à ce qu’une comédie dramatique ne soit pas trop romancée pour susciter l’intérêt d’un plus large public (comme une critique sociale s’avère bien plus efficace lorsqu’elle est axée sur les évènements).

En somme, un bon film (surtout pour un film israélien dont Amos Gitaï a totalement dénaturé le genre) avec un scénario de toute beauté même si, selon moi, Radu Mihaileanu aurait faire trois longs-métrages de 90 minutes pour rendre compte de l’histoire.


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